FAQ



...Pour "Frequent Asked Questions" ou Foire aux Questions

Au fil de mes rencontres, notamment avec des étudiant.e.s, il m'est arrivé qu'on me pose de manière récurrente les mêmes questions, que ce soit sur ma formation universitaire, comment devenir éthologue, ou obtenir une thèse.

Voici donc quelques débuts de réponses ! N'hésitez pas à me poser d'autres questions, cette section est pour vous ! 

Quelle est ta formation universitaire ?
Après un Bac scientifique, option SVT, je suis partie faire une Licence de Biologie Cellulaire et Physiologie à la faculté des sciences de Reims. J'étais jeune, pas forcément très bien rensiengée, et j'ai pris la première licence de biologie générale que je trouvais, la plus proche géographiquement de chez moi. C'était une formation complète et bien menée mais clairement ce n'est pas trop ce que je souhaitais. Beaucoup de physiologie, de biochimie, et assez peu d'études plus naturalistes en écologie ou en éthologie. Après coup, j'ai réalisé qu'une Licence Biologie des Organismes m'aurait bien mieux convenue. Mais qu'importe ! J'avais mon diplôme.

Après ces 3 ans d'étude et ma licence en poche, je suis partie à Paris XIII- Villetaneuse pour suivre le Master d'éthologie en 2 ans. Après une première année qui remplissait mes attentes (que des cours sur les bestioles, enfin !), j'ai signé pour une seconde année et optait pour le Master II, spécialité recherche éthologie fondamentale et comparée. J'ai fini mon cursus en juin 2011. Mais c'est après que ça s'est corsé ! Pour obtenir le fameux Graal qu'est la thèse, ça a été une autre paire de manche ! J'ai zoné un peu, fait un stage à l'étranger sur les corvidés, repris contact avec mon encadrante de stage de M1, et j'ai repris un Master II en recherche en psychologie à l'université de Paris Ouest-Nanterre-la Défense, dans le but unique et non dissimulé d'être une candidate interne au laboratoire de Nanterre que je visais et de décrocher le précieux sésame. J'ai écrit mon propre sujet de thèse et candidaté à de multiples bourses de financement. Ça a marché et j'ai pu commencer mon doctorat à la rentrée 2013 sous la direction de Dalila Bovet (mon ancienne chef de M1) et Auguste von Bayern (chez qui j'avais fait mon stage sur les corvidés après mon M2 d'éthologie).

Sachez que pour devenir éthologue, on peut suivre un cursus de biologie (ce que j'ai fait), mais on peut aussi passer par une formation en psychologie. Plusieurs de mes collègues à Villetaneuse avaient opté pour cette option !

Pourquoi les oiseaux ?
Excellente question ! Surtout que quand j'étais plus jeune, je n'avais aucun intérêt particulier pour les volatiles. Je n'arrivais pas à les dessiner (il n'ont pas de bras !), et rien que pour ça, ça suffisait à m'agacer ! Après bien sûr, j'aimais observer les oiseaux dans mon jardin ou en promenade (les oiseaux, il y en a partout, même en ville !), mais je n'avais pas l'idée de me spécialiser dessus.

Le déclic s'est fait lors de mon stage de Master I, au Laboratoire de Nanterre, lorsque j'ai travaillé deux mois avec des perroquets Gris du Gabon. Leur intelligence et toutes les interactions avec eux, m'ont surprise et fascinée. Je m'y suis beaucoup attachée et celà a profondément contribué à changer ma vision des oiseaux. J'ai alors voulu continuer à étudier l''intelligence" des animaux, et plus particulièrement, celle des corbeaux et des perroquets, les superstars en la matière.

Tu n'as travaillé qu'avec des oiseaux ?
Et bien non ! Ma monomanie est arrivée un peu plus tard, ce qui m'a permis d'expérimenter avec d'autres genres de bêbêtes.
Au cours de mon cursus, et lors de stages volontaires j'ai travaillé sur diverses thématiques. J'ai réalisé une étude au Parc de Sainte Croix sur une meute de loups européens, évalué dans le Laboratoire d'Écologie Générale du Muséum d'Histoire Naturelle de Paris et du CNRS, les conséquences du vieillissement sur la mémoire et la force musculaire chez un petit lémurien, le microcèbe, et enfin, j'ai testé les aptitudes de partage alimentaire chez des capybaras (les plus gros rongeurs du monde !) à la Ménagerie du Jardin des plantes de Paris.
Il n'y a donc pas que des emplumés dans mon CV.

Est-ce que tu as toujours voulu faire ça ?
A peu près oui. J'ai toujours été passionnée par les animaux, de toute forme depuis ma tendre enfance. Sur une fiche d'orientation à remplir à l'entrée en 6ème, retrouvée il y a peu dans mes archives, j'avais noté en première position "zoologiste" et en seconde "dessinatrice". Disons que j'ai de la suite dans les idées !

Quel conseil pourrais-tu donner à quelqu'un qui voudrait se lancer dans la même carrière ?
Pour bosser en éthologie, il faut être patient. TRÈS patient. Et ne pas compter ses heures. Quand on travaille avec des animaux, il faut aussi être prêt à faire face à l'imprévu. Un animal qui tombe malade, ça peut arriver n'importe quand, et il faut alors être prêt à filer chez le vétérinaire un dimanche à 15h, faire des soins tous les jours, week-end et vacances inclus. Rien que pour les expériences, aussi. Mes oiseaux étaient tous néophobes, c'est à dire qu'ils avaient peur de tout ce qu'ils ne connaissaient pas, les objetsnouveaux notamment. Lors de mon stage avec les perroquets, nous avons passé près de 3 semaines juste à les entraîner à rester à côté d'un petit écran en carton sans qu'ils en aient peur (alors qu'ils avaient déjà vu du carton avant). C'est parfois frustrant, mais ça fait partie du jeu !

Surtout, et avant tout chose: soyez conscients des risques
Le métier est difficile, il y a peu de postes disponibles, et il nécessite pas mal d'abnégation et d'endurance. Être chercheur nécessite un doctorat (Bac +8), une ou plusieurs expériences courtes (et souvent précaires) à l'étranger appelées "post-docs" de plusieurs années avant de finalement trouver un poste stable dans un laboratoire de recherche (au CNRS ou à l'université), ouvert sur concours. Ce qui veut dire que même d'excellents scientifiques doivent attendre des années avant d'avoir un poste permanent dans un labo, ce qui peut paraître complètement injuste. Après, pour celles et ceux qui tentent l'aventure, cela peut être aussi très stimulant: on voyage beaucoup, on vit à l'étranger, on s'ouvre aux autres et à d'autres expériences et cultures. C'est très motivant ! Mais ça ne convient pas à tout le monde. Il faut être prêts à bouger et à mettre un peu vos vies amicales et familiales entre parenthèse.
C'est un travail de longue haleine, extrêmement prenant et si les études longues ce n'est pas votre truc, envisagez une autre voie ! Mais je vous rassure, bosser avec des animaux, les protéger ou sensibiliser le public, il y a  plein d'autres moyens de le faire !
Donc difficile mais pas impossible ! Et il faut être conscient de tout ça avant de s'engager, pour éviter les déceptions.

Mon autre conseil,  outre le fait d'être acharné, c'est de faire un maximum de stages. Malheureusement, c'est le plus souvent en tant que bénévole (l'argent est rare en recherche ! Là aussi, si vous voulez faire fortune, éthologue, ce n'est pas le meilleur plan !), mais c'est ce qu'il y a de mieux pour appréhender les différentes facettes du métier et se confronter aux réalité du terrain. En plus, ça vous fait un bon CV et ça vous donne plus de chance d'être retenus pour vos stages obligatoires de Licence et Master. Et comme le milieu est tout petit, tout le monde se connait ! Si vous faites du bon boulot, le mot se passera d'un labo à l'autre et vous mettrez plus de chance de votre côté !


Babillages:

Soyez bavard comme une pie